Le grand convoi-test arrive à Golfech !

Le grand convoi-test arrive à Golfech !
21 Déc
2014

Un «convoi test» exceptionnel, comme on n’en a pas vu arriver à Golfech depuis la construction de la centrale nucléaire, se présentera demain après-midi devant le portail du site golféchois. Explications.

«Il» s’est offert un sacré gymkhana sur les routes girondines et lot-et-garonnaises avant d’arriver dans notre département. «Il» a eu le droit de couper l’autoroute A62 en travers à deux reprises et on a même déplacé les glissières de sécurité pour lui. Il s’est fait escorter par l’escadron départemental de sécurité routière de Lot-et-Garonne sur certaines portions. Tel un gigantesque mécano, «il» a mis dix jours à être monté au bord de la Garonne, avec ses trois rangs d’essieux sur 55 mètres de long et 5 mètres de large. Sa remorque surdimensionnée, capable de transporter jusqu’à 400 tonnes, s’est ébranlée de Langon le 20 janvier dernier et doit arriver demain après-midi à Golfech. «IL» c’est le «convoi test» diligenté par l’agence logistique nationale d’EDF dont le directeur adjoint, Jérémie Six, a accepté de nous parler plus en détail.

Les grands chantiers de maintenance du «Grand Carénage» n’auront lieu qu’en 2021, pourquoi votre agence anticipe déjà les transports futurs ?

Il est vrai que ces grands chantiers, qui doivent permettre le prolongement des centrales jusqu’à 50 voire 60 ans, auront besoin de transports exceptionnels pour les gros composants. Mais on n’en est pas encore là, même si, à terme, il peut lui servir, ce convoi test n’est donc pas directement lié au «Grand Carénage».

À quoi a-t-il donc servi ?

On peut aussi avoir à transporter des pièces de grandes dimensions pour des réparations fortuites et notre service ingiénerie doit être en capacité de dire comment faire et par où passer. Or nous n’avions pas emprunté ce trajet entre Langon, où se trouve une grue installée en bord de Garonne pour décharger les gros composants acheminés par voie d’eau, et Golfech depuis la construction de la centrale nucléaire au début des années 1990. Il nous fallait donc vérifier la faisabilité du parcours plus de vingt ans après.

Vous avez rencontré des difficultés ?

à vrai dire, hormis un embourbement au départ, en raison de la météorologie pluvieuse de ce mois de janvier, on n’a pas vraiment eu de souci. Si ce n’est quelques peccadilles, un poteau directionnel par-ci, un stop par-là, qu’il a fallu bouger, le convoi n’a, pour ainsi dire, jamais été véritablement stoppé dans sa marche en avant.

On ne peut pas dire qu’il est allé très vite pour autant ?

La partie montage a été assez longue. On pourrait juste grappiller un à deux jours en cas d’urgence. Après, nous avons pris notre temps, nous n’étions pas bousculés par un impératif. Le transport aura donc mis deux bonnes semaines depuis Langon. Il faut dire que son caractère exceptionnel ne nous autorise pas à dépasser une vitesse de croisière qui oscille entre 15 et 25 km/h.

Comment appréhendez-vous le risque sécuritaire, sachant que ce type de convoi peut-être la cible de manifestations en tous genres, sociales ou antinucléaire ?

Bien évidemment, ce type de convoi ne peut se faire sans l’ensemble des autorisations administratives de la part des collectivités locales, conseils généraux et communes. De même, nous sommes en contacts permanents avec les autorités préfectorales, à même de nous informer sur ce type d’événements. Ensuite, sur les points les plus sensibles, nous sommes accompagnés par une escorte de gendarmerie pour sécuriser et faciliter le passage du convoi exceptionnel.

Source : la depeche du midi